Je ne sais pas pourquoi mais j’avais besoin d’écrire alors, voilà. Ce n’est en aucun cas un appel à l’aide. Je souhaitais parler d’un sujet qui me tient tout particulièrement à cœur. Je profite de cette plateforme « anonyme » mais aussi où des personnes lisent des articles (parce que oui, j’avais créé un blog anonyme où je laissais des poèmes mais je n’ai eu que 2 personnes qui m’ont un jour répondu, c’est un peu déprimant XD). Si vous souhaitez poser des questions, je n’ai aucune gène pour en parler, par blog ou par oral. J’ai juste tendance à ne pas en parler spontanément 🙂

Depuis mon arrivée, j’ai eu pas mal de soucis que je ne peux gérer alors j’essaie au moins de gérer les effets que j’ai encore, oui, 9 ans après ; parce qu’une cicatrice ne part jamais vraiment.

Il y a maintenant bientôt 9 ans, j’ai été attouchée sexuellement par un homme du double de mon age. C’était dans un lieu clos (en l’occurrence un bus) et j’étais seule. J’ai porté plainte, l’affaire a été porté jusqu’au tribunal et fin de l’histoire.

Mais en fait non, c’est pas un livre que l’on peut refermer et oublier dès que l’on est arrivé à un moment choquant. J’ai développé une angoisse permanente, mes sens du toucher et mon ouïe se sont affûtées : je ne supportais pas que l’on puisse me toucher (impossible pour moi de serrer quelqu’un dans mes bras) et je me sentais sans cesse suivie, partout. Je ne me sentais en sécurité nulle part, pas même chez moi. J’ai développé un toc, que j’ai encore parfois aujourd’hui, ai des crises d’angoisse à cause de la solitude, ai eu une dissociation corps/esprit, avais sans cesse des flash-back et j’en passe 🙂

Ici loin de tout, je me sens protégée : je peux enfin avoir un chez moi où je me sens en sécurité (du fait de son ignorance). Il y a deux ans, j’ai appris par une conseillère que les conditions faisaient de cette histoire un véritable viol (espace fermé et il en avait l’intention). Cela m’a permis d’avoir la reconnaissance de ma souffrance et de ne pas sans cesse avoir le refrain de « pourquoi j’ai tout ça, il ne m’a même pas violée ». J’essaie désormais d’avancer et de résoudre tous ces problèmes « secondaires » qui rendent ma vie encore infernale.

De nombreuses personnes ne souhaitent pas forcément en parler ou ne l’avouent jamais à aucun proche. A l’époque où cela s’est passé, presque personne ne l’a su pour moi. Personnellement, je parle de mon expérience dès que je le juge utile pour quelqu’un. J’ai rencontré à mon avis beaucoup trop de personnes à qui cela est arrivé et qui n’osent pas. Malheureusement, à force d’enfouir ou d’ignorer et d’attendre, la cocotte explose. En fait, cet article se cale par rapport à l’article du livre proposé la semaine dernière et est en quelque sorte l’avis que je n’avais pas le courage d’écrire à ce moment.